lundi 30 mai 2011

LETTRE AUX AFRICAINS (Suite)

2- Le culte du raccourci

b. Références et pratiques économiques (explosion des chambres ésotériques et autres « sources de lumière »)


Ces dix dernières années, de nombreux articles de presse ainsi que des publications bien documentées ont mis en lumière ce que beaucoup parmi nous n’osaient interroger, de peur d’en connaître davantage. En plus de la pudeur qui se mêlait à la curiosité et l’attirance que suscite tout mystère, le poids de la religion empêchait certains de s’intéresser de trop près à l’ésotérisme et de tout ce qui lui ressemble…

C’est justement ce mystère et la puissance qui lui est prêtée qui attirent certains avides de pouvoir (financier, politique…) et qui préfèrent arpenter les raccourcis.

Si au début des années d’indépendance, les Africains membres de ces chambres se cachaient, en ce début du 21e siècle, il en est de moins en moins le cas. Quand l’on voit une « investiture » comme celle du Président Gabonais sur Internet, quand la Presse en fait ses choux gras (cf enquête de Vincent Hugeux et de François Koch publiée dans L'Express en Avril 2008 et intitulée "Francs-maçons : l'Afrique aux premières loges" ou encore cet article du Matin [Sénégal] repris par rewmi http://www.rewmi.com/Il-y-a-200-francs-macons-actifs-au-Senegal-Officiel-_a48.html) et que, finalement, certaines loges optent pour « une meilleure communication », l’on se dit qu’il y a une volonté d’aller à la pêche aux nouveaux adhérents, en jetant déjà l’hameçon du côté des jeunes diplômés futurs cadres. Mais s'il y a une offre, c'est qu'il y a une demande...

Bien souvent, l’on a tendance à pointer du doigt des chefs d’Etats Africains comme « fils de lumière », mais le chiffre « 200 » avancé dans cet article (pour le cas du Sénégal) nous montre qu’il n’y a pas que des chefs d’Etat et/ou de gouvernements. Qu’ils soient des décideurs politiques ou du secteur privé, des Avocats ou des magistrats, des Artistes de renom ou des Médecins, des professeurs d’université ou des Etudiants, le maillage par rapport aux instances décisionnelles est certainement bien étudié qui fait que les « candidats » sont bien encadrés dans leur cheminement et pour le rayonnement contrôlé d’une « lumière » jusqu’ici tamisée.

L’enquête de « l’Express » nous montre que les décisions politiques en Afrique (mais pas seulement) ne sont pas forcément celles de nos Elus ; et nos Elus ne sont pas toujours « nos candidats ».

Retour à la case départ : la « conférence des nigauds » continuera… jusqu’à une réelle Renaissance Africaine.

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