mercredi 8 septembre 2010

INTEGRATION AFRICAINE: ATELIER DE REFLEXION EN LIGNE

Chers amis,

Nous comptons prochainement - après la publication de la dernière partie de la "Lettre aux Africains" - organiser une réflexion en ligne sur l'intégration africaine.

Singulièrement, le thème de cet atelier sera : Intégration africaine: identification et stratégies de levée des barrières non-économiques à l'intégration Ouest-africaine.

En attendant la diffusion des termes de référence (TDR) de cet atelier, nous vous invitons à une manifestation d'intérêt par la définition de vos attentes dans le cadre de tels échanges sur le devenir de notre continent, en commençant par des espaces communautaires. Cette manifestation d'intérêt pourra se faire à travers la page "Commentaire" ci-dessous.

Par ailleurs, nous vous encourageons à partager cette information autour de vous, notamment auprès de groupes et mouvements panafricanistes de vos connaissances, surtout - mais pas exclusivement - ceux francophones.

A très bientôt!

Kaback O.

samedi 4 septembre 2010

TITRE 1- LA CONFERENCE DES NIGAUDS (suite)

2. Des politiques complexés

2.1. Professionnalisés ou narcissiques

Il se trouve, malheureusement, que, jusqu’ici, l’Afrique n’a réussi qu’à se doter de politiciens « boulangers », « roublards », « pères de la nation » ou « fils de… ».

Certains se vantent d’avoir fait une vingtaine d’année dans l’opposition en oubliant que la décision d’élire ou de ne pas élire appartient au peuple. Même s’il y a mascarade électorale ou usurpation de voix, le peuple est censé avoir suffisamment de moyens pour se faire entendre et respecter. Au-delà, il doit assumer. L’on ne saurait s’imposer au peuple sous prétexte de sacrifices opérés pendant plusieurs années. L’exercice du pouvoir n’étant qu’un sacerdoce, l’engagement ne saurait justifier les abus notés par la suite, au nom des années de sacrifice pour la nation.
Du Sénégal jusqu’en Ethiopie, de l’Algérie à l’Afrique du Sud, très peu sont les pays où l’on peut extraire des acteurs politiques de moins de 50 ans (début des indépendances de la plupart des pays Africains), à moins que ce ne soit leurs descendants qui auront pris le relais. Voyez vous-mêmes !

2.2. Soumis au silence provisoire

Cette situation a poussé beaucoup de citoyens au silence. Qu’ils soient des universitaires, des chercheurs, des experts, des ouvriers, des femmes au foyer, beaucoup s’en remettent à la fatalité ; ils espèrent que « le bon Dieu » fera les choses à leur place, d’autant que c’est Lui qui aurait choisi ces occupants du pouvoir.

L’on fustige la fuite des cerveaux sans s’interroger sur les causes de ces départs. Et ces dits intellectuels s’empressent également de retourner leurs vestes en oubliant qu’ils ne font que l’affaire des politiciens frileux des contre-pouvoirs.

Il y a un véritable piège dans ce choix du silence alterné d’un exil vers un Eldorado qui, à termes, pourrait s’avérait plus pernicieux en ce qu’il ne permet en rien de s’épanouir psychologiquement et professionnellement. Les médecins exilés pourraient en attester. Surtout ceux installés dans un pays comme la France…

2.3. Formatage des générations

Quand, dans certains pays africains, les armes crépitent et que les génocides sont dénoncés ou relativisés, l’on peut dénombrer et pleurer les morts. Ensuite, la vie reprend. Il y aura des processus de réconciliations nationales pour panser les plaies – sans toujours crever l’abcès – et tourner la page. Avec les indemnisations, l’on organisera une reconversion des uns et une réintégration des autres. Chacun fera l’effort d’oublier mais les images seront présentes… dans les musées et dans les cœurs.


















Par contre, quand, dans un pays comme le Sénégal, la roublardise devient modèle, le mensonge une arme, la ruse un moyen pour, au plus vite, parvenir à ses fins, quels que soient les pots cassés, l’on aura du mal à se rendre compte que le génocide est plus marqué en ce qu’il s’attaque, non pas à des populations historiquement et physiquement victimes d’une idéologie, mais surtout à, au minimum, une génération qui va grandir et risquer de considérer une certaine façon de faire et d’être comme étant la meilleure pour garder le sourire le soir, à la maison.

Que d’efforts ne faudra-t-il pas déployer pour reformater tous ces jeunes hébétés, au départ – parce que notant des valeurs contraires à celles prônées dans l’espace familial – mais contaminés, par la suite – parce qu’admiratifs des prouesses des dirigeants et des « réalisations rapides » des nouveaux modèles sociaux ?

3. Des mercenaires sociaux

3.1. ONG d’ici, relais doctrinaires d’ailleurs

Elles disent réaliser des programmes et des projets en faveur des populations mais plus de 45% des coûts se retrouvent dans les budgets de fonctionnement. Elles déclarent lutter contre la pauvreté mais les méthodologies viennent des « experts » étrangers. Elles soutiennent le développement local mais avec des stratégies et des théories importées dans la communauté. Quand elles disent partir des besoins des populations, elles réinterprètent les pensées de celles-ci sous une forme plus humaniste de priorisation des objectifs de développement.

Il est vrai qu’elles font du social, mais pour qui ? Les rares ONG du Sud qui ont eu le courage de réfléchir par elles-mêmes n’ont pas été capables de chercher par elles-mêmes les ressources nécessaires à la mise en place de leurs programmes. La dépendance est toujours présente qui justifie l’envoi d’experts en tout genre qui viennent en Afrique pour conseiller, fourguer des technologies, évaluer et conseiller à nouveau à travers des mesures d’ajustement fondées sur des paradigmes ou autres grilles de lecture transposées, le tout dans un cercle vicieux qui permet de rapatrier près de 40% des fonds alloués à chaque programme, sur le dos des populations « cibles ». Et avec la complicité d’ONG d’ici, copie pâle, s’il en est, d’un mouvement social d’ailleurs mais, surtout, faire-valoir majeur d’idéologies et anti-chômage non négligeable.


















3.2. Membres de la « Société » civile

Il en est de même pour bien d’autres acteurs de la « Société » civile. Des droits-de-l’hommistes aux observateurs électoraux, en passant par les partisans de la transparence et de la bonne gouvernance, il n’est pas rare d’en retrouver qui défendent des théories universalistes aussi dégradantes pour leur milieu social que le VIH/SIDA dans le corps humain. Comment un Africain peut-il, au nom d'une approche des Droits Humains non contextualisée, défendre l’homosexualité et prôner l’acceptation de ce phénomène dans des contextes socioculturels aussi spécifiques ? Beaucoup de nos amis intellectuels oublient que les paradigmes ne sont rien d’autres que des construits sociétaux historiquement portés par une capacité d’influence (des hommes, une culture, de moyens…), elle-même motivée par la recherche perpétuelle d’une emprise sur l’existant ; ce qui, du reste, n’est pas possible et justifie les mutations les plus extraordinaires et la fécondité du cerveau humain (Science sans conscience...).

Au nom de quoi certains peuvent-ils revendiquer « la diversité culturelle » quand cela les arrange et que d’autres ne doivent que s’aligner sur des principes... universels ?

En fait, il n’y a que les « élites » africaines pour tout avaler. Des réglementations de l’OMC au tabac le plus bourré de nicotine... Charge à cette Société dite civile de faire passer la pilule, en toute transparence et au nom de la liberté d’expression.

Mais, comme le disait le Pape Benoît XVI, « la souffrance est engendrée par la liberté sans vérité ».